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17 octobre 2013

Rythmes : la FSU 63 s’adresse au Maire de Clermont-Fd.

Les difficultés croissantes pour la mise en place des nouveaux rythmes scolaires à Clermont-Ferrand ont conduit plusieurs syndicats de la FSU à adresser un courrier au Maire.

Section du Puy-de-Dôme

Clermont-Ferrand, le 1er octobre 2013

à

Monsieur le Maire de Clermont-Ferrand

Hôtel de ville

10 rue Philippe Marcombes

BP 60

63033 CLERMONT-FD Cédex

Monsieur le Maire,

Nous nous adressons à vous un mois après la rentrée scolaire pour vous faire part à la fois des problèmes importants de fonctionnement rencontrés actuellement par l’ensemble des équipes éducatives dans les écoles de votre commune ainsi que pour des questions concernant leur devenir dans le cadre du débat citoyen qui s’ouvre pour la gestion future de la cité.

Concernant le premier point, nous ne pouvons que déplorer une mise en place des plus hasardeuse et désastreuse de la nouvelle semaine scolaire. 1°) Nous avons constaté une quasi absence de propositions d’activités, de diversité et de choix dans le cadre des temps d’activités périscolaires (TAP). De façon concrète, dans une grande majorité des écoles, on assiste à la mise en place de temps de garderie avec un taux d’encadrement insuffisant qui entraîne une insécurité matérielle et affective pour les enfants qui sont aussi nos élèves.

2°) Les activités se déroulent très souvent dans les classes ce qui génère des problèmes de gestion des salles et de matériel. Pour nous, il est inconcevable que les enseignants ne puissent pas rester dans leur salle de classe après le temps scolaire et que le matériel pédagogique soit utilisé à des fins éducatives pendant le temps périscolaire.

3°) Nous avons relevé dans plusieurs écoles des dysfonctionnements en matière d’encadrement des élèves (listes erronées ou inexistantes, animateurs ne disposant pas des informations nécessaires) lors des temps de liaison « temps scolaire – temps périscolaire » avec pour conséquence l’engagement de la responsabilité des personnels pour les enseignants comme pour les personnels territoriaux. Cette situation a conduit de nombreuses équipes à assumer des missions qui n’entrent pas dans leur domaine de compétences (gestion des listes d’élèves, encadrement pendant les récréations, adaptation des locaux…)

4°) Alors que la réforme des rythmes scolaires avait pour objectif de réduire les journées de classe, une très large majorité d’enseignants et de parents déplorent un temps de présence quotidien à l’école pour les enfants très souvent équivalent à celui de la semaine de quatre jours ainsi qu’un allongement du nombre de journées dans la semaine. Ce nouveau rythme qui impacte inévitablement les apprentissages des élèves par le déséquilibre des demi-journées, amplifie leur fatigue et démobilise leur attention cognitive.

5°) Cette fatigue est d’ailleurs constatée chez les enseignants lesquels ont vu leur présence s’allonger sur leur lieu d’exercice en dépit de la réduction de la journée de classe. A ce propos, pourriez-vous nous confirmer votre hypothèse de demander aux enseignants de Clermont-Ferrand de placer les activités pédagogiques complémentaires (APC) de 17h.00 à 18h.00 ?

6°) Nous ne nous arrêterons que brièvement sur l’explosion des présences des enfants aux activités le mercredi après-midi, du fait de l’organisation imposée quant à la prise du déjeuner. A notre avis, le dispositif que vous avez mis en place dans la précipitation crée une confusion entre les activités périscolaires du mercredi, installées depuis de nombreuses années et dont on peut se féliciter et celles après la classe initiées par la réforme Peillon. Cette confusion génère de nombreux mécontentements de la part des usagers et porte atteinte au bon fonctionnement du service public.

Dès l’automne 2012, nous avions demandé le report de la mise en place d’une nouvelle organisation de la semaine scolaire sur l’ensemble du territoire national, conscients de la nécessité d’une concertation préalable la plus large possible des acteurs concernés (parents, enseignants, personnels territoriaux dont personnels d’animation, élus locaux gestionnaires) et de l’ampleur des problèmes d’organisation à résoudre (élaboration d’un projet structurant, recherche de propositions d’activités permettant sa mise en œuvre, de locaux, recrutement et formation de personnels, …...). Bien entendu, nous n’avons cessé d’alerter sur ces questions, au plan local comme partout en France.

Avec sagesse, de nombreuses collectivités ont décidé de reporter à la rentrée 2014 la mise en place. Nous déplorons le fait que la municipalité de Clermont-Ferrand, non seulement n’ait pas choisi la prudence mais que de plus elle ait agi en force en ne permettant pas l’expression des équipes éducatives (notamment par le canal des Conseils d’école). Aujourd’hui, la défiance est totale. Pour preuve, au 2 septembre, sur les 66 écoles de la ville, 44 équipes enseignantes ont refusé d’assumer la responsabilité du SMAP.

Pour la FSU, il est donc impératif et urgent que le dialogue soit renoué ! L’une des premières échéances sera la présence d’un(e) élu(e) lors de la première réunion de chaque Conseil d’Ecole fin octobre ou début novembre. Notre organisation syndicale sera vigilante quant à leur présence. Il est impératif qu’enfin, à cette occasion, les membres de ces assemblées soient écoutés et que d’ici là la municipalité soit en mesure de faire des propositions éducatives de qualité, à la fois pour les temps de TAP et les temps d’activités du mercredi après-midi.

De plus, nous entendons que toutes les observations et demandes exprimées par l’intersyndicale des personnels territoriaux lors de la rencontre du 25 septembre en présence des élus et des responsables de service soient prises en compte afin de permettre à l’ensemble des agents de remplir parfaitement leurs missions :

- négociation et non injonction des horaires de travail,

- respect des taux d’encadrement des enfants,

- formation, qualification et rémunération suffisante des intervenants, notamment des étudiants,

- définition d’un budget de fonctionnement adapté aux besoins,

- coordination nécessaire des services concernés par la réforme (DVSPE, DAJL et Direction des services sportifs…)

Nous sommes particulièrement inquiets et nous avons déjà exprimé notre désapprobation quant à la situation actuelle, à la fois, auprès de la Directrice Académique lors du Comité de Suivi départemental, mais également auprès de la Rectrice lors de l’audience concernant le bilan de rentrée. Nous interviendrons à nouveau à ce sujet lors de la prochaine audience que nous avons avec l’administration départementale de l’Education Nationale.

Sur un autre plan, nous sollicitons de la part de la municipalité une réflexion au travers d’une concertation associant toute ou partie des Conseils d’école sur l’évolution des secteurs scolaires. Afin de pouvoir envisager une mise en œuvre à la rentrée de septembre 2014, il s’avère en effet nécessaire de réfléchir dès à présent à un meilleur équilibre entre les effectifs des écoles dans certains secteurs en termes d’effectifs et de mixité sociale.

Enfin, nous demandons une réflexion sur l’école maternelle. Nous estimons nécessaire pour le Service Public d’Education de mieux répondre aux besoins de scolarisation, notamment pour les enfants de 2 ans. Nous demandons, lors de chaque réunion du Comité Départemental de l’Education Nationale traitant des ouvertures de classes, que l’effectif ne dépasse pas 25 élèves par classe en maternelle comme en élémentaire. Nous ne pouvons accepter que, chaque année, plusieurs dizaines d’enfants Clermontois de moins de 3 ans ne puissent être accueillis à l’Ecole publique. Mais nous disons que cet accueil dépend à la fois du nombre de postes d’enseignants dont est doté le département mais aussi de l’engagement des collectivités locales, comme celle de Clermont, pour l’ensemble des conditions de fonctionnement (locaux et matériel adaptés et en nombre suffisant dont salles de repos, personnels territoriaux dont ATSEM recrutés en nombre suffisant, formés et sur emplois statutaires). A cet égard, nous estimons que l’emploi d’un même nombre d’ATSEM que de classes pour chaque école est l’étape indispensable à atteindre pour la sécurité matérielle et affective de chaque enfant et pour lui permettre de mieux entrer dans les apprentissages. En tout état de cause, nous dénonçons le fait que des communes, avec le soutien de l’administration de l’Education nationale, demandent aux enseignants d’inscrire après la rentrée des enfants de 2-3 ans non comptabilisés avant, mettant ainsi en cause les conditions d’apprentissage.

Sur toutes les questions évoquées, les militants de la FSU dans les écoles sont prêts à participer aux concertations qui seront mises en place. Nous vous prions de croire, Monsieur le Maire, à notre engagement dans le bon fonctionnement du Service Public national et municipal d’Education et d’agréer l’expression de notre considération.

Roland LEBEAU

Co secrétaire Départemental

FSU 63

Copie à :

Madame la Directrice académique des services de l’Education nationale

Mesdames et Messieurs les Adjoints et Conseillers municipaux

 

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