www.snuipp.fr

SNUipp-FSU 63

Vous êtes actuellement : Instances paritaires 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
11 juillet 2014

Compte rendu CDEN du 4 juillet

4 juillet 2014

Déclaration de la FSU relative aux nouvelles organisations de la semaine scolaire

Sur la forme

La FSU est déjà intervenue à de multiples reprises pour souligner combien la concertation et l’adhésion de tous les acteurs était nécessaire ; pour ce faire, l’avis des conseils d’école aurait dû être prégnant… Au lieu de ça, à certains endroits, la mise en place de cette réforme s’est faite sans voire contre l’avis des enseignants, et des familles ! Les tensions avec les mairies, pourtant partenaires au quotidien des écoles, se sont nettement accrues. Cela notamment, dans la dernière période, avec la demande de certaines municipalités de libérer une après-midi, et souvent le vendredi après-midi, pour l’organisation des TAP.

Sur le fond

La FSU s’interroge sur ce changement de ligne important, faisant totalement oublier au passage, l’intérêt des élèves en maintenant des journées de 6 heures ainsi que les études ayant montré qu’une rupture de classe plus importante en temps chaque fin de semaine était plus dommageable pour les élèves des milieux défavorisés. Le ministre est attentif aux nouveaux élus, certains d’entre eux menaçant d’entrer en résistance. Il souhaite ainsi tenir compte de leurs difficultés matérielles et financières et éviter la fronde des maires. Le ministre est attentif aux parents d’élèves. Il leur écrit et tient à les informer avant tout le monde via le site du ministère. Les enseignants réclament, eux aussi, un peu d’attention. Ainsi, de niveau national, si ces derniers n’étaient pas tous hostiles à l’idée de réformer les rythmes il y a deux ans, la cacophonie et les dysfonctionnements s’amplifiant au fil des mois, en lieu et place de réclamer une autre réforme des rythmes scolaires, réforme plus respectueuse des élèves et de leurs conditions de travail, la majorité en souhaiterait à présent l’abandon pur et simple.

Faire réussir tous les élèves constitue notre engagement quotidien et la mission qui nous est confiée par la nation. Depuis deux ans, nous attendons les moyens concrets pour répondre à cette ambition. Or, le ministère a choisi de donner la priorité à une réforme des rythmes comme levier principal de la lutte contre l’échec scolaire et de la réduction des inégalités. Tout a été fait à l’envers. Oui, au SNUipp-FSU, nous pensons qu’il est possible de travailler autrement que la semaine de 4 jours imposée par le ministre Darcos, tout en permettant une qualité de vie professionnelle, indispensable, aux enseignants, et de meilleures conditions d’apprentissage aux élèves ! Pour cela, une autre réforme est nécessaire, et doit nécessairement s’accompagner d’avancées sur le contenu des programmes, la remise en place des RASED, l’augmentation du nombre de remplaçants, la baisse des effectifs par classe, etc...

Le lien presque mécanique entre réussite scolaire et rythmes scolaires est régulièrement avancé dans le débat public. Mais, qu’en est-il objectivement ? A ce jour, aucune étude n’a montré que le facteur « nombre de jours d’école dans la semaine » pris de manière isolé jouait, à lui seul sur la réussite des élèves. Avant la réforme Darcos, 25 % des élèves étaient à quatre jours avec des vacances raccourcies et des résultats (évaluations CE2 et 6ème) ni moins bons, ni meilleurs qu’ailleurs. De plus, les résultats en baisse révélés par PISA, sont ceux d’élèves de 15 ans qui ont tous fréquenté l’école primaire quand elle était organisée majoritairement sur 4,5 jours, avant 2008. Tout le monde crierait à la caricature, à juste titre, si d’aucuns s’aventuraient à en conclure que la semaine à 4,5 jours est néfaste pour la réussite des élèves…

Les élèves ne vivent pas et n’apprennent pas de la même manière dans une classe de 30 ou dans une classe de 20. Un élève en difficulté ne peut pas y être aidé de la même façon. Or, l’école primaire française se distingue par un nombre d’élèves par classe bien au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. C’est ainsi qu’on n’y compte que 5 enseignants pour 100 élèves alors que le ratio en Finlande est proche de 6,5 et qu’en Italie ou en Norvège, il est compris entre 7 et plus de 9. Une classe maternelle française sur deux compte 25 élèves et plus et dans près de 7 400 classes, 30 élèves et plus. La diminution des effectifs par classe et le renforcement conséquent de l’aide aux élèves en difficulté sont aujourd’hui deux nécessités incontournables. De même, qui peut croire que l’on « refondera » l’école sans offrir une vraie formation continue aux 330 000 professeurs des écoles ? En 2013, un rapport de l’Inspection générale pointait du doigt une formation continue des enseignants du premier degré « insatisfaisante et rare ». Même si l’on reconnaît que dans notre département, la formation reste une préoccupation importante et que des efforts sont faits en ce sens, on aurait espéré un projet plus ambitieux pour accompagner les enseignants dans la pratique de leur métier du début à la fin de leur carrière..

En étant soumise à la volonté des municipalités guidées par les contraintes du périscolaire et de leurs capacités inégales de financement, cette réforme relègue au second plan le temps de l’école pour les élèves et la prise en compte des demandes des enseignants. Il est incompréhensible que la révision des temps et celle des programmes scolaires (repoussée à 2015 pour la maternelle et 2016 pour l’élémentaire) n’aient pas été traitées ensemble.

On reste donc encore loin d’une réforme qui permette de construire un projet cohérent pour la réussite des élèves, recueillant l’adhésion de la communauté éducative. Les difficultés rencontrées cette année (inégalités territoriales, activités payantes, partage des locaux, confusion des rôles…) vont s’étendre. L’Éducation nationale doit reprendre la main. La semaine scolaire doit s’organiser selon un cadrage national avec des possibilités de dérogations émanant des conseils d’école dans l’intérêt du service public d’éducation . Il n’est pas acceptable que la liberté de choisir ses horaires laissée à l’enseignement privé puisse, localement, mettre l’école publique en difficulté.

La FSU continue de demander la « non généralisation » de cette réforme, la suspension de sa mise en œuvre partout où les équipes enseignantes l’estiment nécessaire et une réécriture complète du décret Peillon.

La réforme des rythmes n’était pas la priorité. Pour nous, les priorités sont ailleurs. Il est plus que temps de traiter des vrais enjeux de l’école publique : les conditions d’apprentissages des élèves et les conditions de travail des personnels avec des créations de postes à la hauteur des ambitions.

ll y a des urgences. La diminution des effectifs par classe, le renforcement des moyens de remplacement et de l’aide aux élèves présentant des difficultés sont aujourd’hui des nécessités incontournables. La réussite des élèves, l’amélioration des conditions de travail passent aussi par du temps dégagé pour les enseignants pour les travaux pédagogiques, la rencontre avec les parents…

Comme nous nous y étions engagés à l’issue du précédent CDEN, nous nous sommes adressés aux parlementaires du département pour demander une dotation de postes supplémentaires dans le cadre d’un nouvel examen budgétaire. Nous sommes conscients que notre évaluation de 350 postes est ambitieuse et ne trouvera réponse dans un avenir proche.

Cependant, nous estimons que pour les écoles du Puy-de-Dôme, comme pour l’ensemble du territoire et à tous les niveaux du Service Public d’Education, y compris l’Enseignement Supérieur, c’est un investissement conséquent et programmé sur le long terme, qui est indispensable pour construire (reconstruire) la démocratisation de l’Education, la formation initiale et continue vers l’Emploi et l’Insertion Sociale et Professionnelle de TOUS.

Concernant les collèges, nous avions indiqué lors du CDEN de février notre inquiétude de voir les effectifs retenus minorés par rapport au constat de rentrée. Il y a eu des décisions d’ouvertures et de fermetures de divisions prises en juin. Nous regrettons ces décisions tardives, qui donnent lieu à des ajustements de DHG qui compliquent la préparation de la rentrée. Nous souhaitons être informés sur ces décisions, ainsi que sur les variations d’effectifs dont elles découlent.

 

12 visiteurs en ce moment

*Top 29, rue Gabriel Péri 63000 Clermont-Ferrand Tél :04.73.31.43.72 Fax : 04.73.31.76.81 courriel :snu63@snuipp.fr
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU 63, tous droits réservés.