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25 janvier 2016

L’allemand dans 1 000 écoles en plus : l’effet d’annonce ne règle pas les problèmes

La ministre VALLAUD-BELKACEM annonce que 1 000 écoles supplémentaires enseigneront l’allemand à compter de la rentrée 2016. Concrètement : comment passer de l’annonce à la mise en œuvre concrète dans les classes ?

La nouvelle carte de l’enseignement des langues vivantes à l’école vient d’être publiée.
A cette occasion, la ministre de l’Éducation nationale indique que 1 000 écoles primaires supplémentaires enseigneront l’allemand à compter de la rentrée 2016, ce qui portera leur nombre à 3 800 sur tout le territoire, contre 2 800 actuellement. Quelque 200 autres écoles proposeront une autre langue que l’anglais ou l’allemand.

Lente érosion de l’allemand depuis 15 ans

Cette nouvelle annonce sonne avant tout comme une réponse aux vives protestations de ces derniers mois contre le projet de suppression de classes bilangues prévues par la réforme des collèges. Est-ce que pour autant la mise en pratique dans les écoles primaires a été anticipée et pensée ? Là, rien n’est moins sûr.

Depuis 15 ans, l’enseignement de l’allemand subit une lente érosion, le pourcentage d’élèves en bénéficiant passant de 18,6% en 2001 à moins de 6% aujourd’hui. A l’inverse, sous l’impulsion de l’institution, l’enseignement de l’anglais concerne aujourd’hui plus de 91% des élèves contre 70% en 2001. Résultat, sans politique volontariste et cohérente en matière de diversification des langues vivantes, l’école primaire et donc les enseignants vont se retrouver en difficulté pour absorber cette nouvelle commande ministérielle qui n’a pas été préparée en amont, tout comme d’ailleurs la généralisation des LV au CP à la rentrée prochaine.

C’est regrettable et en l’absence d’un sérieux plan de formation continue et initiale, cet énième ajustement de l’enseignement des langues étrangères ne règlera nullement la problématique de cette discipline tant que le ministère n’aura pas clairement tranché sur ses enjeux : culturel, linguistique, utilitaire ou uniquement scolaire ?

Besoin de cohérence et de soutien

Nous défendons l’idée que la rencontre avec les langues vivantes à l’école primaire doit être linguistique, culturelle et diversifiée. Mais nous disons aussi que pour cela, tout ne peut pas reposer sur les seules épaules des PE qui doivent être pour certains spécifiquement formés et pour d’autres, accompagnés d’intervenants qualifiés au sein des écoles. Le ministère doit faire le nécessaire pour ne pas laisser les enseignants isolés et démunis.

L’école ne peut pas être pilotée par "à coups", avec des annonces avant tout politiques, sur l’enseignement de l’allemand en l’espèce, mais qui n’ont pas été préparées dans leur mise en œuvre pédagogique dans les écoles.

En savoir plus avec le dossier Fenêtres sur Cours sur l’enseignement des langues (8 janvier 2016).

 

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