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26 janvier 2016

Une enquête qui interroge sur nos conditions de travail

Entre fierté de leur métier et stress, entre motivation et sentiment d’impuissance, entre déception et colère, le cœur professionnel des enseignants du primaire est actuellement balloté et demande clairement à être regonflé.

À plus d’une année de la fin du quinquennat qui affichait la priorité au primaire, le regard porté aujourd’hui par les enseignants sur leur métier à travers l’enquête menée par Harris interactive reste sévère. Seuls 42% sont satisfaits de leur situation professionnelle et 88% estiment que leur profession s’est dégradée au cours des dernières années.

En fait, le fossé se creuse entre de réelles motivations tournées vers l’élève (réussite des élèves, transmission des savoirs, pédagogie, travail en équipe) et des fortes insatisfactions envers un métier jugé à « bout de souffle » (83% d’insatisfaction sur les salaires, 91% sur la formation, 80% sur le temps et la charge de travail, 88% sur les tâches administratives…)

Résultat,
- quand les enseignants sont très majoritairement satisfaits de la relation à leurs élèves (91%), leurs collègues (91%), les parents d’élèves (75%) et les syndicats (75%),
- la confiance s’étiole au sujet de l’inspection (54%) ou s’écroule à l’endroit du ministère (21%).

Alors que ce dernier empile les annonces (nouveaux programmes, nouvelles évaluations, nouveaux cycles…), les enseignants se retrouvent trop souvent seuls face à des défis toujours plus complexes (élèves en difficulté sur le plan du comportement, des apprentissages scolaires, élèves en situation de handicap, relation aux parents…)

Trop souvent seuls,
- avec une évaluation jugée encore stressante, insuffisamment dans le conseil et trop dans le jugement (92%).
- alors que le travail en équipe est jugé indispensable et bénéfique mais difficile à mettre en œuvre par manque de temps (81%).
- face aux activités pédagogiques complémentaires (APC) jugées insatisfaisantes (80%) alors que pour aider les élèves, existent de meilleures solutions telles que RASED, « Plus de maîtres que de classes », baisse des effectifs, formation ... (86%)

En somme, pour le SNUipp-FSU, cette enquête révèle une forme de gâchis. Alors que notre pays a la chance d’avoir des enseignants du primaire fortement engagés et soucieux de leur élèves, les actuelles conditions de travail ne leur permettent pas de mettre en œuvre ce qui serait nécessaire à la réussite de tous.

Pour faire avancer l’école primaire, le ministère serait bien inspiré de se préoccuper de ses enseignants et de transformer des conditions d’exercice du métier aujourd’hui inadaptées et même dépassées. Il est plus qu’urgent de sortir d’un exercice solitaire du métier et d’apporter aux enseignants aide, soutien et confiance pour la réussite de tous les élèves avec les moyens nécessaires. Il faut entre autre redonner du temps aux équipes enseignantes. Tout comme pour la revalorisation des salaires, c’est maintenant sur ce terrain-là que le ministère doit agir. Pour en savoir plus...
- les éléments de l’enquête Harris
- la note détaillée de l’enquête
- Témoignage d’une PE (article du Café pédagogique)
- Enseignants du primaire : 83% pas satisfaits de leur salaire (article de vni)

 

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