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19 avril 2016

La "machine à lire" de Bentolila laissée à l’initiative des équipes

La "machine à lire" de Bentolila a séduit la ministre qui avait envisagé de développer le concept et de l’imposer dans les classes...

Présentation du dispositif

La Ministre Najat Vallaud-Belkacem s’est rendue au Havre, lundi 22 février 2016, pour évoquer l’apprentissage du français et découvrir le dispositif "La machine à lire" expérimenté dans certaines écoles du Havre et élaboré par Alain Bentolila, universitaire linguiste. "La machine à lire" est une application sur tablette destinée à améliorer les capacités de lecture des enfants, leur endurance et donc leur niveau en français.

L’expérimentation à découvrir sur le site du ministère

En savoir plus avec l’article de VNI, l’e-mag de l’éducation

Après avoir observé une séance de lecture au cours de laquelle la "machine à lire" a été utilisée, la Ministre a ensuite assisté à la signature de la convention relative à ce dispositif contractualisée entre la ville du Havre, l’université Paris-Descartes et la Fondation SNCF avant de déjeuner avec des directrices et directeurs d’écoles du premier degré de la commune.

Lors de la présentation de la "machine à lire" la Ministre Vallaud-Belkacem, séduite, a déclaré que "dès la rentrée de septembre elle sera introduite dans des écoles primaires au Havre mais aussi dans d’autres villes en France, dans le cadre du dispositif « Plus de maîtres que de classes »"

Najat Vallaud-Belkacem valorise la "machine à lire"

S’il appartient effectivement à une Ministre de la République de promouvoir des expérimentations conduites dans le cadre de son ministère par des professionnels, permettant ainsi d’offrir de nouveaux outils au service des apprentissages, on ne peut que rester dubitatif sur sa volonté d’en généraliser l’emploi, même dans un cadre restreint. Par cette déclaration, la Ministre ouvre une brèche dans la liberté pédagogique des enseignants. Et elle ne sera pas la première.

Cette expérimentation conduite dans un cadre péri-scolaire, interroge également sur les proximités pédagogiques induites entre le temps de classe et le temps des loisirs. Les instigateurs de la réforme des rythmes scolaires introduisent ici une confusion inacceptable pour les enseignants car la question de l’apprentissage de la lecture relève d’abord des programmes d’enseignement et non d’une simple activité ludique. Alors, machine à lire ou machine à rire ?

Et enfin, quel sens donner à la contractualisation d’un dispositif avec une collectivité territoriale ainsi qu’à à une fondation liée à une entreprise nationale dont les missions de faire arriver ses trains à l’heure, de transporter des passagers ou accessoirement du fret ? On retrouve là une vieille recette - le partenariat - déjà utilisée par les tenants du libéralisme. Ce mélange des genres ne crédibilise pas une expérimentation pourtant conduite par un universitaire.

L’avis d’Evelyne Charmeux

"On reste confondus, ne sachant si l’on doit rire, s’énerver, porter plainte ou éclater en sanglots. Tout est désolant dans cet objet au titre ridicule — et même assez scandaleux — qui méconnaît gravement ce qu’est la lecture, comme ce que sont les jeunes, y compris aujourd’hui"

Voir le blog d’Evelyne Charmeux

La réponse du ministère au SNUipp

Suite à l’interpellation de la Ministre sur cette expérimentation par Sébastien Sihr, Secrétaire général du SNUIpp-FSU, le Directeur de cabinet a bien insisté dans sa réponse sur l’initiative des équipes et sur la nécessaire évaluation de l’outil afin d’en apprécier la pertinence pédagogique. Il n’est donc pas question que ce dispositif soit imposé aux équipes pédagogiques.

La réponse du ministère

 

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