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27 mai 2016

Développement des M1 en alternance : la supercherie, ça suffit !

La ministre de l’Éducation nationale a annoncé le 24 mai, lors la journée des ESPE, le développement de l’alternance dès le M1 avec un concours de recrutement spécifique. Analyse et point de vue du SNUipp-FSU.

La journée des ESPE

Une journée de réflexion sur les ESPE s’est tenue le 24 mai dernier sous la houlette de la Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Selon les informations transmises par Philippe Watrelot, animateur de la journée, la ministre VALLAUD-BELKACEM a fait quelques annonces concernant la formation :
- sur la gouvernance, rendre obligatoire la production d’un document formalisant le partenariat et avec des engagements pluri-annuels.
- sur le continuum de formation, la ministre souhaite que les universités développent des parcours de formation permettant une approche du métier dès le L2 (pré-professionnalisation)
- elle souhaite aussi voir se développer le modèle de la formation alternée (déjà mise en place à Créteil) dès le M1 dans les mentions 1er et 2nd degré avec "sécurisation des parcours via un concours spécifique de recrutement”
- sur la diversité des publics, qque l’ensemble des partenaires, en lien avec pôle emploi et les régions, se mobilise pour organiser une offre de reconversion pour secondes carrières incluant reconnaissance des acquis et de l’expérience
- pour les formations à faibles effectifs, en particulier dans la voie professionnelle, des formations en réseau seront organisées à partir de pôles spécialisés.
- développer une offre de formation à destination des vacataires et contractuels, pour offrir des perspectives d’évolution de carrière
- faire des deux premières années de titularisation, (T1 et T2) des années d’accompagnement spécifique qui permettent de consolider et de compléter les acquis de la formation. Pour cela, à la fin du T2, un bilan professionnel permettra d’inscrire le professionnel confirmé dans une démarche de formation continue tout au long de la vie

L’intervention de la Ministre

L’expérimentation de l’alternance

Expérimenté cette année à Créteil et en Guyane, ce dispositif propose à des étudiants de M1 MEEF de travailler à tiers temps, en étant payés au SMIC. Dès la rentrée, il devrait se mettre en place dans les ESPE de Versailles, Amiens et Reims.

Un dispositif inégalitaire

Ce qui n’est pas dit, c’est que la formation de ces étudiants M1 en alternance est réduite par rapport aux M1 « classiques ». Amputant les horaires universitaires, déjà insuffisants pour appréhender toute la complexité du métier, ce dispositif déporte la formation vers une adaptation précipitée aux gestes professionnels. Alors que le ministère met en avant qu’il a remis en œuvre la formation initiale des enseignants, c’est paradoxal. Par ailleurs, la mise en place d’un concours spécifique dans le cadre de ce dispositif remet en cause l’égalité de traitement entre les étudiants.

Les directeurs d’ESPE se sont félicités de la réussite de ces étudiants aux concours, sans préciser qu’une sélection drastique a été faite pour s’assurer que seuls les étudiants les plus solides, qui pourraient absorber la surcharge de travail tout en préparant le concours, soient recrutés dans ce dispositif.

Le renforcement de la précarité étudiante

En utilisant le salariat étudiant, le ministère fait ainsi le choix de faire reposer essentiellement sur les épaules des étudiants les conséquences de la crise de recrutement, à savoir la pénurie d’enseignants sur le terrain et la crise de remplacement qu’elle induit. Il précarise l’entrée dans le métier et remet en cause le fait que les enseignants et CPE sont concepteurs de leur métier.

Mettre en place des prérecrutements

La FSU ne peut approuver un tel dispositif inadapté à l’objectif de démocratisation tout comme à celui d’enrayer la crise du recrutement. En effet, l’augmentation des postes aux concours depuis 2012 ne suffit pas à rendre attractif le métier d’enseignant. Les premiers résultats d’admissibilité de la session 2016 sont inquiétants dans certaines disciplines pour le second degré, dans certaines académies pour le premier degré.

Pour la FSU et ses syndicats de l’enseignement, il y a urgence à mettre en place des pré-recrutements, ce qui signifie rémunérer des étudiants pour suivre et réussir les études sans avoir à travailler par ailleurs. En contrepartie, ces étudiants sous statut d’élèves-professeurs s’engagent dans les parcours universitaires et les préparation aux concours de l’enseignement et de l’éducation, puis dans une période d’engagement au service de l’État.

Rendre attractifs nos métiers, c’est aussi revaloriser de façon conséquente les salaires et améliorer les conditions de travail des enseignants et des CPE.

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