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30 novembre 2016

Carnets de campagne : Fillon, l’antipédagogiste primaire

Les primaires de la droite, qui ont mobilisé les médias au point de les saturer, ont livré leur verdict : François Fillon sera le candidat de la droite aux prochaines présidentielles, ouvrant ainsi une impasse pour l’école.

En déclarant avec aplomb que "l’échec de l’école est lié à l’échec de l’apprentissage des fondamentaux" par "la faute d’une caste de pédagogues prétentieux qui ont imposé des programmes jargonnants et qui ont pris en otage nos enfants au nom d’une idéologie égalitariste", le candidat Fillon, qui vient de remporter la "primaire de la droite", exprime un regard rétrograde sur la recherche relative aux apprentissages scolaires.

Au-delà de son antipédagogisme primaire, il affiche son intention de remettre en cause l’organisation du système éducatif français en l’adaptant encore plus aux directives européennes et de l’ouvrir encore plus sur des pratiques ultra-libérales. Rien d’étonnant quand on sait qu’il est soutenu par des associations proches de la droite extrême ou de l’extrême droite : SOS Education, Risposte laïque, Sens commun ou la Manif pour tous. La classe ou plutôt la caste !

Ces propos contribuent d’ailleurs à renforcer un peu plus la polémique récente, ouverte par une journaliste de "l’Obs", renvoyant ainsi à de vieux débats relancés en 2006 par le non regretté ministre de l’Education nationale De Robien.
En savoir plus avec l’article de Martine LARONCHE publié dans Le Monde de l’Education le 2 octobre 2006.

Rappelons également que François Fillon est l’auteur de la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école (2005) qui a conduit à l’autonomie des universités puis au rattachement des IUFM aux universités, entraînant de fait leur perte d’indépendance et le démantèlement de la formation initiale des maîtres.
Cette loi avait également donné naissance au premier socle commun qui avait conduit à la promulgation des programmes de 2008 sous le ministère Darcos.

C’est d’ailleurs ce ministre qui mettra en œuvre, sous le gouvernement Fillon, la première réforme calamiteuse des rythmes scolaires, avec la suppression du samedi matin ainsi que la très controversée aide personnalisée. Quelques années plus tôt, c’est le ministre de l’Education nationale Fillon qui rétablira les punitions collectives et l’apprentissage de la Marseillaise laquelle avait déjà été réhabilitée en 1985 par le ministre Chevènement. Enfin, c’est le Premier Ministre Fillon qui a supprimé avec brutalité des dizaines de milliers d’emplois dans l’Education nationale entre 2007 et 2012, emplois que le quinquennat Hollande, en dépit de ses efforts, n’aura pas réussi à rétablir.

Lors de la campagne des primaires, le candidat Fillon a décliné un programme pour l’école en trois axes :
- un retour aux fondamentaux
- le port de l’uniforme (avec possibilité cependant de choisir sa couleur)
- la restauration de l’autorité des enseignants en augmentant leur temps de travail et en donnant plus de libertés aux chefs d’établissement

Et en examinant plus finement ses propositions, on peut noter :
- la scolarité obligatoire dès 5 ans, avec apprentissage de la lecture avec des méthodes efficaces ;
- trois-quarts du temps de classe consacrés à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, du calcul, des dates et des grands personnages de l’histoire de France ;
- la fin de l’interdiction des devoirs faits à la maison ;
- le pouvoir de promotion des professeurs donné aux directeurs d’école ;
- la revalorisation des traitements en intégrant une part de mérite dans le salaire ;
- l’augmentation du temps de présence dans l’établissement pour les professeurs stagiaires, diminuant d’autant leur formation à l’ESPE.

Même si ce programme ne constitue qu’une ébauche et dans lequel, il conviendra de distinguer la part de l’école primaire et celle du collège, la perspective d’une réforme structurelle est bien placée en orbite avec des conséquences autant sur l’éducatif que sur le pédagogique.

D’une façon plus générale, comme le candidat l’a déclaré, "le statut de la fonction publique sera passé à la paille de fer pour en gommer tous les avantages injustifiés". La feuille de route est donc sans ambiguïté. Il s’agit d’instaurer "le passage du temps de travail à 39 heures des trois fonctions publiques" pour permettre à terme de réduire le nombre de postes de fonctionnaires jusqu’à 500.000" afin de réaliser une économie de 15 milliards d’euros d’économie. Ce programme serait mis en œuvre au cours de la première année du mandat présidentiel.

Le candidat Fillon qui a fait sa scolarité dans des établissements confessionnels, n’a jamais exercé de véritable activité professionnelle. Il ne connaît donc pas le monde du travail, n’aime ni les fonctionnaires, ni les enseignants et il leur prouve en leur promettant un recentrage du système éducatif fondé sur des valeurs conservatrices et amputé de ses moyens de fonctionnement !

Dans ces conditions, pour notre organisation syndicale, il sera difficile d’accorder le moindre crédit à ces projets politiques qui ne pourront être que des facteurs de clivage social et de régression du service public d’éducation nationale.

Revue de presse à lire sans modération :

François Fillon et le grand changement dans l’école (article du Café Pédagogique du 21 novembre)

Les projets sur l’école de Fillon me terrorisent (chronique de Véronique Soulé parue dans le Café Pédagogique du 21 novembre 2016)

François Fillon : son programme pour l’Education nationale (article de VNI du 21 novembre 2016)

Fillon : culte des chefs et concurrence tous azimuts (interview de Claude Lelièvre dans le Café Pédagogique du 24 novembre 2016)

L’école entre Fillon et Le Pen (article du 28 novembre 2016 publié dans le Café Pédagogique)

Fillon président ? Un coup de massue pour l’école (Article publié dans Questions de classe le 27 novembre 2016)

 

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