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17 mai 2017

Portrait : Jean-Michel Blanquer, nouveau ministre de l’Education nationale

Avec Jean-Michel Blanquer c’est une figure très connue du ministère de l’éducation nationale qui revient rue de Grenelle. Sa politique sera aux antipodes de celle menée depuis 2012. Pour l’Education nationale des temps agités s’annoncent...

Agé de 52 ans, Jean-Michel Blanquer est juriste de formation et a occupé, au cours de son parcours professionnel, différentes fonctions. Avant de devenir ministre, il était directeur général de l’ESSEC (École supérieure des sciences économiques et commerciales)

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Un homme du sérail

Jean-Michel Blanquer connaît bien la rue de Grenelle. De 2004 à 2012, il a gravi à toute vitesse, sous des ministres de droite, les échelons qui mènent aux plus hautes responsabilités de l’éducation nationale.

En 2004, il est nommé par Jacques Chirac premier recteur de Guyane. En 2006, il devient directeur adjoint du cabinet de Gilles de Robien. Il mène un combat sur les méthodes de lecture, Gilles de Robien tentant d’imposer la méthode syllabique. Juste avant les élections présidentielles de 2007, il est nommé recteur de Créteil.

L’apothéose c’est en 2009. Il est choisi par le ministre de l’Education nationale Luc Chatel (ancien DRH de l’Oréal) pour devenir directeur de l’enseignement scolaire (Dgesco), c’est à dire patron des programmes et des moyens d’enseignement de la maternelle au lycée. Cela fait de lui le numéro 2 de l’éducation nationale. A ce titre il gère les suppressions de postes et fait appliquer de nouveaux programmes qui n’ont aps laissé de bons souvenirs. Il impose aussi des évaluations nationales que N Sarkozy avait demandé pour pouvoir évaluer aux résultats chaque enseignant. Il reste à ce poste jusqu’en novembre 2012 où il est remercié par Vincent Peillon.

Avec cet itinéraire professionnel, il acquiert une grande expérience d’administrateur de l’éducation nationale. Il en connait tous les rouages. Il a laissé au ministère une empreinte profonde et de nombreux fidèles et aussi quelques solides inimitiés. Il a aussi l’expérience du combat politique acquise dans l’entourage d’un ministre qui a particulièrement violenté l’institution scolaire.

En effet, il a contribué aux nombreuses suppressions de postes sous le quinquennat Sarkozy.

Un idéologue de l’Ecole

Jean-Michel Blanquer est un des animateurs de l’Institut Montaigne qu’il a beaucoup favorisé alors qu’il était aux affaires. C’est quelqu’un qui affirme qu’il y a des réponses scientifiques aux problèmes éducatifs et qui à ce titre n’hésitera pas à les imposer.

Pour améliorer l’éducation il prône une pédagogie explicite et progressive dès les premiers moments de l’école, le rapprochement parents-école, la formation des professeurs, l’autonomie des établissements, l’attention à des facteurs extra-scolaires comme le sommeil ...

Les quatre idées fortes du ministre Blanquer

Le premier principe c’est l’autorité. Jean-Michel Blanquer veut cadrer les pratiques pédagogiques dans l’éducation nationale. Et pour que cela soit possible il souhaite renforcer les pouvoirs des chefs d’établissement et des directeurs d’école, qui deviendraient les supérieurs hiérarchiques des enseignants. Les enseignants seraient recrutés sur profil et évalués par les seuls chefs d’établissement. Les inspecteurs disparaitraient, fondus dans un corps unique avec les chefs d’établissement.

Le second principe c’est l’autonomie des établissements, c’est à dire en fait des chefs d’établissement. JM Blanquer s’en défend. En 2016 il nous disait : " L’autonomie des établissements n’est pas synonyme de caporalisation mais de travail d’équipe. C’est une logique de responsabilisation".

Troisième principe : les fondamentaux, réduits par Jean-Michel Blanquer aux seuls français et maths. Au primaire, ces deux disciplines représenteraient 20h / 26 h d’enseignement alors qu’actuellement il y a 24h d’enseignement.

Le quatrième principe en découle : c’est la hiérarchisation. Sous prétexte "d’intelligences multiples", pourtant peu développées au primaire, le nouveau "collège commun" préparerait des parcours spécifiques pour les élèves. Ceux ci seraient réunis en "groupes de compétences", une formule qui pourrait bien se réduire à des groupes de niveau.

Des rendez vous importants

Le nouveau ministre aura à affronter deux rendez vous importants. Le premier sera la rentrée avec la réaffectation des maitres surnuméraires et la question des rythmes. Le second sera l’instauration de la sélection à l’entrée de université voulue par le Président Macron, les bacheliers pros étant orientés vers une filière supérieure spécifique.

En nommant à ce poste, un ancien cadre dirigeant de l’Education nationale, issu de la droite libérale et peu enclin à s’afficher comme un promoteur du service public d’éducation, le Président Macron envoie clairement un mauvais signal à la profession. C’est le carton rouge assuré pour les semaines à venir.

Article composé à partir du texte de François JARRAUD,
publié dans le Café Pédagogique du 17 mai.

 

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