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L’ouverture à la concurrence : un dogme ultra-libéral
mercredi, 2 mai 2018
/ SNUipp63 , / J. Michel BACCOUNNAUD / Conseiller syndical et trésorier de la section

Qu’en est-il de ce dogme ?

C’est la conclusion d’un long marathon de l’Union européenne pour imposer la libéralisation du transport ferroviaire, d’abord du transport des marchandises puis maintenant des voyageurs, comme elle l’a fait avec les télécommunications, l’énergie, avec les résultats que l’on sait. Depuis 1991, inlassablement, l’UE a enchaîné les directives, les livres blancs, les paquets, pour aboutir au quatrième paquet en 2016, qui doit sublimer le grand œuvre libéral.

Mais les salariés savent ce que signifie l’ouverture à la concurrence

C’est la perte du statut qui les protégeait, la détérioration de leurs conditions de travail, la mise concurrence des salariés entre eux. Ils le savent dans les transports routiers, dans les télécoms, à la Poste, dans les hôpitaux et les services de soins à la personne, dans l’énergie.

Les usagers aussi le savent, eux qui ont vu se dégrader les services et augmenter les prix.

Dans les transports, les prix augmentent et les dessertes locales diminuent ou sont supprimées, les installations ne sont pas maintenues au niveau où elles le devraient, entraînant des allongements, quotidiens pour certains, de temps de transport. Dans les hôpitaux le temps d’attente pour avoir un rendez-vous explose, les urgences sont saturées, la qualité des soins se détériore. La Poste facture maintenant des services à la personne qui étaient rendus naturellement pas les facteurs et factrices et ose présenter cela comme un progrès !

L’exemple de la Grande-Bretagne

Nos voisins britanniques savent ce qu’il en est de l’ouverture du rail à la concurrence : augmentation des prix et des accidents, au point que le gouvernement a dû renationaliser les infrastructures. Partout où l’énergie a été ouverte complètement à la concurrence, les prix ont augmenté et les bénéfices des opérateurs aussi !

L’ouverture à la concurrence signifie la mort des services publics que l’on remplacera par des services au public, qui bénéficieront aux seuls clients solvables. Pour les autres il ne restera qu’un service minimum. Où est l’égalité de traitement qui a présidé à la mise en place des services publics ? Ils représentent un patrimoine social que nous ne pouvons pas laisser les classes dominantes dilapider et se partager comme elles ont commencé à le faire sous la houlette de l’Union européenne.

La disparition programmée des CIO est un des derniers exemples qui montre que l’Education nationale est aussi dans le collimateur du secteur marchand.

L’ouverture à la concurrence relève bien d’un dogme ultralibéral (1)

On brade au privé ce qui appartient au bien public pour en tirer un maximum de profit au service des actionnaires et contre les intérêts des agents et des usagers des services publics. Et c’est bien la preuve que que ce qui appartient à l’Etat constitue une valeur sûre pour la Nation puisque les ultralibéraux les cèdent d’un côté pour mieux les racheter de l’autre !

D’après un article de Michel Quinet
Secrétaire général du PARDEM
30 avril 2018

(1) L’ultralibéralisme prône la dérèglementation des marchés et la disparition progressive, partielle ou totale des services publics au profit du secteur privé, accroissant ainsi les inégalités devant l’accès aux services dus aux usagers, déstabilisant le tissu social et entraînant un gaspillage des ressources naturelles qui, de fait, ne sont plus partagées.

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